CITTA NUOVA – En tournée

« Les paysages peuvent être trompeurs. Un paysage semble parfois être moins un décor pour la vie de ses habitants qu’un rideau derrière lequel se déroulent leurs combats, leurs réussites et leurs malheurs. » – John Berger.

Texte et mise en scène de Raphaël Patout
Avec Damien Houssier
Création de dessins 2D et 3D Géraldine Trubert
Costume de Sigolène Petey

La ville génère des images… Et de fait un imaginaire. Images historiques, mémoires de notre passé. Images d’une société technocratique, ambitieuses. Images industrielles, travailleuses. Images du bien-être, fleuries et arborées.
L’organisation de nos villes conditionne nos vies, nos habitudes, nos façons d’être… Et par conséquent nos conceptions de l’espace et du temps, en somme notre manière de nous représenter le monde… Et de le penser !
N’est-il pas temps de remettre en chantier la ville, de redessiner ses plans, de détruire certains monuments, certaines images ? N’est-il pas temps de tout reprendre à la base, sur de nouvelles fondations ?
Un architecte, profane en beaucoup de choses, tente d’envisager la Città Nuova, la ville nouvelle.

 

 

Critique de Jean-Pierre Thibaudat sur Médiapart:

https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-thibaudat/blog/221017/en-avant-pour-la-citta-nuova

Dossier complet : CITTÀ-NUOVA-La-Chambre-Noire-Theatre

Coproduction : La Chambre Noire-Théâtre (Lyon) et Le Festival de Caves (Besançon)

Critique de CITTA NUOVA – Jean-Pierre Thibaudat

Lien: https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-thibaudat/blog/221017/en-avant-pour-la-citta-nuova

En avant pour la « Città Nuova »

Quoi de commun entre une boîte de sardines et l’arche de la défense ? Les deux questionnent l’espace et son occupation. Ce sont là quelques pistes abordées avec délice par l’acteur Damien Houssier dans « Città Nuova », texte écrit et mis en scène par Raphaël Patout. Où l’on reparle de Tocqueville.
 

Quand les spectateurs prennent place sur quelques rangées de chaises, l’homme, l’acteur donc (Damien Houssier), est adossé à un pilier et pique une fourchette dans une boîte de sardines. A sa gauche, son petit atelier : une planche disposée sur deux tréteaux et encombrée d’éléments disparates, tels des dossiers sur et sous la table, des livres, des images, des photocopies, des petites silhouettes humaines en plâtre ou papier comme les architectes et les scénographes en disposent sur des maquettes.

Le miroir aux sardines

Pendant que j’étais attelé à rédiger ce descriptif, les spectateurs ont eu le temps de s’asseoir. L’homme regarde placidement les membres de l’assistance tout en continuant à manger ses sardines à même la boîte.

Qui n’a pas été émerveillé par le spectacle d’une brigade de sardines à l’huile alignées tête-bêche (il faudrait trouver une expression plus adéquate car, en l’occurrence, les sardines ont la tête coupée) dans leur boîte, avec une occupation maximum de l’espace dans un minimum de place, ce qui doit laisser songeurs les décorateurs d’intérieur ? Au début de ce second paragraphe, l’homme a, toujours aussi placidement, fini de becqueter ses satanées sardines, il s’est épongé par trois fois le museau. Enfin, il parle : « J’aime les sardines… » commence-t-il, matérialisant les points de suspension par un léger temps mort.

Ce qui me donne le temps de vous le décrire : l’homme a le visage plutôt émacié, son crâne rasé laisse son âge indécidable, il porte une sorte de tablier-mini-kimono invraisemblable qui accentue l’étrangeté de sa silhouette (costume : Sigolène Petey). Après un court silence, l’acteur parle à nouveau, doucement mais clairement (on comprend que c’est un pro, il a suivi des cours au CNSAD, haute école de théâtre parisienne dont il est sorti vivant). Ce type me dit quelque chose (ah, oui, je le reconnais, il était l’un des acteurs de Naissance de Julien Guyomard ; beau spectacle). Il va se révéler très fort dans l’art de se parler à la fois comme à lui-même et en s’adressant aux spectateurs.

Le bon plaisir

Son couplet et ses digressions achevés sur les sardines, il en vient au cœur de la soirée à laquelle il nous a convié : « J’ai décidé de refaire le monde avec mon plaisir. C’est mon grand projet : refaire le monde avec mon plaisir [notez la répétition, genre enfoncez-vous ça profond dans le cervelet. C’est un acteur qui connaît les vertus de la pédagogie]. Et c’est de ça dont j’aimerais vous parler ce soir. »

On craint la pâtée très en vogue sur les scènes de théâtre par les temps qui courent : on s’avance à l’avant-scène en costume de tous les jours, on regarde le public droit dans les yeux (ce qui n’est pas donné à tout le monde) et, les bras le long du corps, on envoie la sauce. Sorry, on témoigne. Comme au tribunal ou au confessionnal. Tôt ou tard, le cœur du public, rincé à l’eau de Javel, se serre. C’est comme à la télé. Sauf que c’est là, à deux pas. Vivant, brut et brutal, en accès direct. Est-ce cela, le théâtre ? Non, nous dit l’acteur qui fait mine de ne pas jouer pour mieux nous déjouer. Et de préciser sans détour  qu’il n’est pas architecte. Ce qui ne l’empêche pas de rêver et même de dessiner les plans de la cité nouvelle dont il rêve, autrement dit la Città Nuova, c’est le titre du spectacle auquel on assiste.

Tour à tour, l’acteur qui n’est donc pas architecte mais qui fait des plans pas seulement sur la comète, va ouvrir des carnets, déployer des cartes, des dessins (en 2 et 3D, signés Géraldine Trubert), accrocher des images, manipuler des projecteurs, ouvrir des boîtes, ordonner des dispositifs et cela tout en parlant de choses et d’autres (il ne dédaigne pas la digression) tout en nous nourrissant de citations allant de Guy Debord à Bernard Maris, de Le Corbusier à Raoul Vaneigem.

Eloge de la dérive

Tenons-nous-en au seul Guy Debord dont l’acteur nous fait partager une excitante analyse. En voici les prémices : « Les déplacements dans l’espace urbain sont soumis à la même rationalité que celle qui ordonne le système capitaliste. La dérive est une lutte contre cette rationalisation. Son principe n’est pas la ligne droite, elle ne veut pas économiser le temps, elle refuse les destinations obligatoires. » Citation d’autant plus justifiée que le déroulé du spectacle opte pour le mode de la dérive, ce qui le conduit à partir en Amérique avec Jean Baudrillard et à nous offrir en version live « L’Invitation au voyage » de Baudelaire.

Bref : on voyage dans des architectures passées, présentes ou futuristes. L’acteur rêvasse à voix haute d’un monde où les immeubles ne seraient plus immobiles mais sur roulettes, reconfigurant ainsi le paysage chaque nuit, en sorte d’en finir avec la notion d’habitude, voie rapide vers la somnolence et l’apathie. D’un ton qui se veut sans appel, il assène : « Les tours de la finance mondialisée ont remplacé les églises gothiques. Mais on retrouve le même goût pour la lumière. » Cela mérite qu’on y réfléchisse. Et c’est sans doute aussi le but de Città Nuova. Une bonne heure plus tard, l’acteur, après bien des pérégrinations et réflexions, finit par dire : « Ouais, je m’arrête là. »

La mise en scène et le texte sont signés par Raphaël Patout qui a créé ce spectacle au Festival de Caves dont il est l’une des chevilles ouvrières. C’est dans ce festival, dans une cave donc, qu’un couple d’acteurs dont je tairai les noms bien que je les aime énormément, a vu Città Nuova. Ils ont tellement aimé ce spectacle qu’ils ont voulu le faire partager en le présentant trois soirs durant, chez eux, une maison de banlieue en pierre de taille avec véranda donnant sur la boulangerie et la boucherie du quartier. C’est là que je l’ai vu.

Ah, j’oubliais. Il y est aussi question de Tocqueville, comme dans le spectacle de Romeo Castellucci, Democracy in America qui se présente comme « librement inspiré d’Alexis de Tocqueville ». Depuis sa création au Théâtre de Vidy, le spectacle de l’Italien s’est étoffé de nouvelles danses, elles « librement inspirées par les traditions folkloriques d’Albanie, de Grèce, du Botswana, d’Angleterre, de Hongrie, de Sardaigne ». Ces danses envoûtantes et comme voilées de mémoires blessées font écho aux derniers spectacles de Maguy Marin, artiste honorée et disséquée par la revue théâtre/public qui lui consacre son dernier et formidable numéro. La chorégraphe cite en exergue ces propos de Jacques Rancière extraits d’En quel temps vivons-nous ? Conversation avec Eric Hazan (La Fabrique) paru il y a quelques mois : « (…) Et l’émancipation hier comme aujourd’hui est une manière de vivre dans le monde de l’ennemi dans la position ambiguë de celui ou celle qui combat l’ordre dominant mais est aussi capable d’y construire des lieux à part où il échappe à sa loi » (…). Città Nuova et Democracy in America tentent de construire des lieux comme ça.

Jean-Pierre Thibaudat

LE DEHORS DE TOUTE CHOSE – En tournée

D’après La Zone du Dehors d’Alain Damasio (La Volte, 2007)
Adaptation de Benjamin Mayet
Avec Benjamin Mayet

Vidéo: « Le Dehors de Toute Chose » – solo – 2014

 

Le dehors de toute chose est une ode à « la liberté », une invitation à se découvrir comme « autre que soi ».
Un homme seul. Ce « dehors » est pour lui une poche de liberté intérieure à chacun de nous. Un champ de vastes possibles obstrué par des siècles de conditionnement.
Se parlant autant à lui-même qu’aux gens qui l’entourent, il débusque, par tâtonnement, ces barrières qui nous séparent de notre véritable existence d’homme libre.
Son but ? Tenter sous nos yeux, dans une quête aussi intime qu’infinie, « d’inventer ce que vivre peut être ».
Grâce à un dispositif extrêmement léger, le spectacle peut s’implanter en rue aussi bien qu’en salle (théâtres, bars, lieux associatifs etc). Aucune séparation entre l’acteur et son public. Brouhaha de l’attente. Jaillissement du texte au beau milieu des spectateurs. Silence.
Porté par une figure insatisfaite de son présent, ce texte poétique et politique, philosophique, vient prendre l’auditoire par surprise.
Décalé, parfois ému, parfois perdu, l’homme se parle d’abord à lui-même et n’impose pas son logos. Ainsi, sa quête, totalement folle, prend corps directement dans l’arène de peau du comédien. Partageant dans l’instant les fulgurances et intuitions qui le traversent, il paraît alors comme un sage qui diffuserait, sans jamais imposé, son intime conviction.
Ou bien serait-ce le fou du village ?

 

 

Coproduction: Les éditions La Volte (Paris) et La Chambre Noire – Théâtre (Lyon).

PAYSAGE(S) – 2017

Avec Benjamin Mayet
Conception et mise en scène de Raphaël Patout
Lumières d’Hugo Dragone

L’homme, en complet veston cravate, pieds et mains ensanglantées et bandées (stigmates de la crucifixion) (s’agit-il du Christ-créateur-ressuscité ou condamné ?) est enfermé entre quatre colonnes dans une cage de cordes et (à l’avant-scène) d’une grille de fer. Aux cordes, de multiples figures géométriques (des dessins de Léonard de Vinci , de Dürer ?) sont accrochées. L’homme – le géomètre ? l’architecte ? le créateur ? – est en attente dans son atelier. Quatre coups de projecteurs, sous quatre angles de vue différents (éclairages de Hugo Dragonne), accompagnent quatre coups de percussions musicales. Dramatisation immédiate. L’homme silencieux dans son atelier (il ne dira mot) s’affaire. Il prend des mesures, géométrise tout, architecture tout, éprouvant l’ « irrépressible » besoin de calculer, de géométriser, d’harmoniser ? Il est l’homme, le géomètre, le créateur. Par le biais d’un rétroprojecteur, il diffuse sur un mur différentes reproductions de tableaux … dont une descente de la croix (de Rubens ?). Il tire des cordes. Il reproduit les mesures de l’espace sur lui-même. Au fur et à mesure de sa quête « fiévreuse », il se dévêt jusqu’à se retrouver nu. Sur les lignes de son corps, il reproduit les lignes géométriques du prisme fondamental (mélancolique ? d’Albrecht Dürer ?). Avec des tasseaux de bois, il édifie une construction, bientôt devenue toit, où il se réfugiera.
Jean-Michel Potiron

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Workshop réalisé dans le cadre des 7 du 7, organisé par le collectif 7 prime. Représentation le 7 juillet 2017.

VENUS AU BAIN – Formation DMA Costumier Réalisateur – 2017

Module de formation à l’intention du DMA Costumier Réalisateur de La Martinière – Diderot (Lyon)
Dirigé par Sigolène Petey, costumière et Raphaël Patout, metteur en scène.
Avec Camille Roy, Marie-Ange Gagnaux et Benjamin Mayet
Lumières d’Arnaud Chevalier
Photographies de Jim Ouzi

Elaborer une silhouette évolutive par interaction avec l’eau et le jeu d’un interprète. Commencer par des explorations plastiques, par des expériences avec des tissus. Observer leurs transformations possibles par interaction avec l’eau. Se laisser conduire par la matière pour concevoir l’esthétique et l’utilisation. Adapter la coupe et les techniques d’assemblages en fonction.
Mais aussi, collaborer avec des interprètes professionnels. Observer leurs physionomies afin de faire une proposition ajustée et adaptée. Prendre en compte leur énergie et leurs particularités. Enfin, se fier au processus pour développer du sens et du jeu.

 

 

Le DMA costumier réalisateur de La Martinière Diderot prépare à l’éclectisme des métiers liés au costume et à son environnement. Au cœur d’un laboratoire d’expérimentations autant techniques que plastiques, les étudiants manipulent de multiples matériaux afin de construire dans un même temps le sens dramaturgique et l’esthétique d’un costume.

Exposition « MON MOI REVE » – Centres sociaux du PRADO – 2017

Projet photographique réalisé avec des jeunes issus des centres sociaux du PRADO, en partenariat avec le Théâtre de la Croix-Rousse et financé par la Fondation St Irénée.
Photos de Jim Ouzi
Stage de jeu dirigé par Benjamin Mayet
Costumes de Lise Pereirra
Conception et coordination de Raphaël Patout

Se représenter soi-même. Tenter de donner à voir ce que l’on est. Ou au moins, une partie. Mettre en scène son corps. Déterminer la bonne posture. Travailler le regard que l’on adresse à celui qui nous verra. Choisir son décor, son costume, ses accessoires. Peut-être inviter une personne à nous rejoindre dans le cadre.
Depuis sa création en 2011, La Chambre Noire – Théâtre travaille avec des adolescents sur l’autoportrait et plus largement sur la représentation qu’ils ont d’eux-mêmes. Ainsi, il s’agit de les inviter à jouer avec ce qu’ils donnent à voir, à s’interroger sur ce qui les fonde, à aller chercher les images qui habitent leurs individualités, fabriquent leurs personnalités. Cet exercice de style convoque de l’intime mais revêt aussi un caractère politique au sens large, car même s’il s’agit d’une pratique apparemment tournée vers soi, elle s’adresse toujours comme tout geste artistique, à un autre, à un spectateur.
Peut-être est-ce l’occasion d’affirmer, ou d’assumer quelque chose de soi ? Peut-être est-ce l’opportunité de partager avec l’autre (que l’on ne connait pas encore !) quelque chose qui nous est propre, et ainsi d’entrer en dialogue ? Car au final, l’expérience proposé par ces images, c’est de s’interroger sur ses propres représentations : « Et si moi aussi, je devais faire mon autoportrait, si je devais concevoir mon Moi rêvé qu’est-ce que je ferais ? »

AVEC TOUTE MON ADMIRATION – 2017

De Christian Rullier
Avec Monique Ditisheim, Blaise Froidevaux, Olivier Perrier
Mise en scène de Raphaël Patout
Costumes et scénographie de Sigolène Petey
Piano et voix de Léopoldine Hummel
Lumières d’Hugo Dragone
Photo de Mike Kieme
Production et régie Jean-Philippe Hoffman

INTERVIEW DE RAPHAEL PATOUT

Avec toute mon admiration, pièce de Christian Rullier publiée en 2003 et lue par son auteur lors du Festival d’Avignon de la même année. Eprouvez-vous un sentiment de liberté particulier du fait que seule une lecture de ce texte existe,  sans que ce dernier soit pour autant destiné aux ondes radiophoniques ?

C’est toujours passionnant de mettre en scène un texte pour la première fois, et de manière générale de travailler sur un texte contemporain. Contrairement au classique, nous ne sommes pas envahis de préconception. Là, je suis en quelque sorte « vierge ». Quand on met en scène Hamlet par exemple, toutes les représentations qui nous ont précédées, façonnent notre imaginaire, alors que là tout est à faire. La seule chose qui guide la création, c’est ce que l’auteur a écrit. Le travail est très différent. Nous plongeons alors dans une forme d’enquête. Il s’agit de détecter les intentions de l’auteur afin de trouver la meilleure manière de le représenter, de faire entendre au public tout ce que ce texte inconnu contient etc. Aussi, il y a de vrai moment de plaisir quand en répétition, on découvre une facette, une thématique ou une problématique qui n’était pas visible lors des premières lectures.

Tout est à décrypter !

Avec toute mon admiration : c’est un titre qui a dû entraîner une kyrielle de questions. Une contrainte ou un sentier ?

Les deux ! La pièce raconte l’admiration d’un homme pour une femme, d’un auteur pour une comédienne. Il y a quelque chose qui n’est pas sans relation avec le mythe de Pygmalion. Représenter l’admiration d’un homme pour une femme est périlleux, dans le sens où nous sommes gorgés de clichés. Toute la difficulté est de les dépasser.

Et là où le texte me parait particulièrement intéressant, c’est que la femme sur laquelle s’exerce cette fascination, est une comédienne âgée. C’est aspect est important car l’histoire « d’amour » que nous représentons est celle d’un homme relativement jeune pour une femme relativement âgée.

Ceci permet de faire entendre autre chose : L’homme n’admire pas que la beauté plastique de la femme, ou sa verve… Ce qu’il admire, ce qui est pour lui objet d’attraction c’est tout une vie, toute une mémoire. C’est la densité d’un parcours jalonné d’erreurs et d’échecs, mais aussi de réussites et de joies… C’est comme si Christian Ruillier utilise ce prétexte pour dresser le portrait d’une femme dans toutes sa complexité, avec ses lumières et ses ombres.

 

Parmi la richesse du texte de Christian Rullier,  vous avez dû faire des choix : que montrer, que laisser résonner ? Parlez-nous de cette aventure renouvelée chaque soir.

Ce qui m’intéresse de manière générale et en particulier pour ce texte, c’est de faire résonner la dimension métaphysique, c’est-à-dire de faire entendre les questionnements propre à chaque personnage et de voir comment cela peut résonner dans le public. Le théâtre est un formidable endroit pour s’interroger, pour vérifier ce qui nous fonde. J’espère que quand Eléonor, la femme, s’interrogera sur son parcours, sa carrière, sa vie, ce sera l’occasion pour tout un chacun de faire de même, de prendre conscience avec joie et humour, des mirages qui encombrent nos vies : l’ambition, l’orgueil, la vanité.

Il y a un caractère politique (au sens large) dans cela, car l’ultime question que le théâtre pose est selon moi : Qu’est qui est réellement important dans une vie humaine ?

 

Coproduction: Le Théâtre Tumulte (Neuchâtel – CH) et La Chambre Noire – Théâtre (Lyon)