SOUDAIN L’ETE DERNIER – 2014

De Tennessee Williams
Traduction de Laville
Mise en scène de Raphaël Patout
Assisté de Manon Falippou
Avec Charlotte Ligneau, Charles-Antoine Sanchez, Pauline Huruguen, Anaïs-Marie Marty-Mazan, Mathieu Barché, Marie Tricolini et Léopoldine Hummel
Costumes et scénographie de Sigolène Petey

Le poète Sébastien est mort l’été dernier. Chaque année, il avait l’habitude de partir en voyage avec sa mère Madame Venable, une grande bourgeoise de la Nouvelle-Orléans. Mais l’été dernier, celle-ci a eu un problème cardiaque et n’a pas pu voyager avec lui. Comme chaque année !
C’est sa cousine, Catherine Holly, qui l’a accompagné lors de cet ultime voyage à Cabeza de Lobo en Espagne. Lorsqu’elle est revenue, seule, le récit des circonstances de la mort de Sébastien est étrange. Etrange voir inadmissible, dans la double acceptation de ce terme. C’est pourquoi, sa tante l’a fait interner et souhaite aujourd’hui la voir lobotomisée.
Nous voici donc un an après cette mort mystérieuse. L’été suivant l’été dernier. Dans le jardin fantastique de Mme Venable.  C’est la fin de l’après-midi. Le Docteur Coukrowicz, spécialiste de la lobotomie, est là. Il doit faire le diagnostic afin de déterminer si cette opération doit avoir lieu. Celle-ci est risquée, encore au stade expérimental…. Il mène l’enquête…
Les drames écrits par Tennessee Williams, sont riches, complexes et rugueux. Des imaginaires s’y confrontent… avec brutalité. Chaque figure se débat avec ses propres fictions, avec celles des autres, et génère ainsi d’autres fictions encore. Dans Soudain l’été dernier, chaque figure tente de décrire la réalité des faits, de dresser le portrait exact de Sébastien, de sa mort, mais il y a toujours quelque chose qui échappe… qui trahit. Toucher la vérité, raconter la réalité objective des faits est impossible. Toujours la perception, la manière dont on construit le récit, le travail de la mémoire et de l’oubli, trahissent et maquillent. Pas de vérité nue !
De fait, cela donne lieu à des histoires étranges, voir baroques, voir fantasques, à des considérations d’ordres ésotériques, à des états « limites »… Il y a le drame visible. Celui qui se déroule sous nos yeux. Mais un autre drame a lieu. Ailleurs. Un drame caché.
Tennessee Williams écrit des personnages qui s’inscrivent dans des formes de marginalités : homosexualité, alcoolisme, démence… En faisant cela, il ne s’agit à aucun moment de gloser autour de la question des marges, mais plutôt d’utiliser celles-ci pour décrire ce qui est profondément ancré dans l’être. Par ces destins singuliers, Tennessee Williams révèle des aspirations communes. Il met en évidence un sentiment. Un sentiment qui interroge ce qui fait que nous nous tenons debout… qui fait que nous persévérons dans nos êtres.

 

 

Coproduction: Le Festival des Nuits de Joux (Pontarlier) et La Chambre Noire – Théâtre (Lyon)

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