DIGRESSIONS AUTOUR DE LA TAUROMACHIE – 2013

Mise en scène de Raphaël Patout
Assisté d’Anne-Laure Sanchez
Avec Anaïs Mazan, Anne-Laure Sanchez, Charly Marty et Seb Hoen
Affiche 7 du 7

La Corrida est à l’origine de nombreux débats. Elle scandalise. Elle fascine. Elle interpelle et fait de l’effet… C’est un spectacle à part dont on ne ressort jamais indemne.
N’est-ce pas l’objectif de tout artiste ?
Pendant ces 7 jours, je veux explorer l’art de la tauromachie, imaginer que la scène est une arêne, que le comédien est un matador.

 

Spectacle créé le 7 Mars 2013 dans la grande Orangerie du Jardin de l’Arcquebuse – Dijon – 21, dans le cadre des sets du Sept, organisés par le Collectif7prime.

LES ORIFLAMMES DE PIERRE LE VENERABLE – 2010

De Philippe Borrini
Lumières de Dominique Borrini
Co-mise en scène de Raphaël Patout, Josée Drevon et Guillaume Dujardin

Dans le cadre de l’action Cluny 2010 qui célèbre les 1100 ans de l’abbaye de Cluny, la compagnie Mala Noche a été invitée par la compagnie Théâtre 5, à mettre en scène Les Oriflammes de Pierre le Vénérable, écrit par Philippe Borrini. En octobre, Guillaume Dujardin, José Drevon, Christian Pageault, Léopoldine Hummel et Raphaël Patout répèteront donc ce spectacle composé d’archives, de textes médiévaux et de chants religieux. Il sera interprété par de comédiens professionnels et amateurs ainsi que par cinq chanteurs du Master de musique ancienne de la Sorbonne.
Dans son texte, Philippe Borrini relate l’apogée et le début du déclin de Cluny. Il rend compte de la magnificence intellectuelle de l’époque de Pierre le Vénérable, entouré entre autre d’intellectuels tels que Pierre Abélard. Conjointement au projet idéologique qui rayonne dans toute l’Europe, Philippe Borrine raconte les difficultés financières que rencontre peu à peu l’abbaye.

 

L’INHUMATION VOLONTAIRE – 2009

Adapté de la nouvelle Les carnets de sous-sol de Dostoïevsky
Avec Christian Pageault
Adaptation et mise en scène de Raphaël Patout

Après avoir hérité d’un riche parent décédé, un homme a décidé de s’installer au fond de son sous-sol, de s’inhumer de manière consciente et volontaire. Parce que le monde dans lequel il vivait lui paraissait inhabitable et méprisable, il a choisi de s’emmurer vivant, afin de cultiver dans la solitude, son individualité. Aristocrate de la pensée, soumis à son exigence immodérée envers lui-même, il veut jouir intensément de ses caprices particuliers.
Se remémorant des fragments de vie lors desquels son amour du Beau et du Sublime aurait pu s’exercer de manière décomplexée, il jouit jusqu’à l’abject de la fiction de ses sentiments. Maîtrisant avec panache l’autofiction et la mise en scène de lui-même, il use avec démesure de son imagination pour se construire une existence plus « décente ». Il s’enkyste, il s’embourgeoise, s’invente une vie livresque, et devient son propre thanatopracteur.
Ainsi, le public est invité à la putréfaction sentimentale et intellectuelle d’un homme qui dans l’intimité de son sous-sol, se complet dans son corps pourrissant, dans sa propre fange mortifère, tentant inlassablement de s’inventer un discours « vrai » sur lui-même.
Cette étrange cérémonie masturbatoire témoigne pour moi, d’une humanité séduisante et effrayante. Avec lyrisme et ludisme, la langue de Dostoïevski dessine un véritable tableau de Vanités.

 

 

Production: Festival de Caves

LE MISANTHROPE / MISANTHROP[I]E(S) – 2007

D’après Le Misanthrope de Molière
Avec Charlotte Boudault, Lucille Brunel, Matthieu Dufour, Pauline Fouilland, Chloé Gallen, Charly Marty.
Mise en scène de Raphaël Patout
En collaboration avec Anaïs Benoïd

Alceste, misanthrope farouche, aime la mystérieuse Célimène. Célimène est une jeune veuve. La société, qui bourdonne autour de cette fatale coquette, vît circonscrite dans un réseau de petites règles compliquées. L’Individu est comprimé. La cruauté lui est imposée comme mode de fonctionnement. Pour « s’en sortir », pour pouvoir vivre sa dignité, vivre sa parcelle de pouvoir, il faut séduire, il faut se moquer, avoir une victime. C’est une société procédurière, qui ne croît plus à l’équité, à la justice, à la droiture. C’est une société qui vit l’amour de manière cynique, une société hystérique, qui rit, pleure, crie, aime sans transition ! C’est une société esthétiquement ravagée …
Par sa franchise brutale, par son intransigeance, Alceste détonne dans le salon de son amante, peuplé de singes hurlants ! Comment Alceste peut-il supporter un amour qui l’expose inlassablement à ce qu’il abhorre ? Alceste s’effondre. Sa conduite de vie est entière, franche et constante. Il tombe inlassablement du fil tendu au dessus des rires de la société qui asphyxie… Alceste, le moraliste, le pur, l’insolent, le kamikaze, est-il Beau ?
OUI, IL L’EST.
Je souhaite avec ce projet poursuivre une réflexion esthétique globale qui refuse le cynisme. Poésie et lyrisme doivent être réinventés sans ironie.

 

 

Les photos sont de Suzanne Guillemin, lors des répétitions de la pièce Le Misanthrope – texte intégral – de Molière. (Création Février 2007)

ORGIE – 2007

De Pier Paolo Pasolini
Avec François Frapier et Lison Renaudin
Texte français de Danièle Sallenave
Mise en scène de Raphaël Patout
Costumes de Angèle Mignot

Orgie est certainement la pièce la plus sensuelle de Pier Paolo Pasolini. Après s’être pendu, un homme nous invite à assister aux derniers évènements « significatifs » de sa vie. En six épisodes, il nous fait part de sa recherche du désir absolu… de « la chose ». Avec son épouse, ils avaient fait le choix de se retirer du monde, afin de renier le restrictif commerce langagier des hommes de leur temps. Pour eux, les règles sont simples : catalyser leur désir, vivre pleinement les souffrances de la frustration et devenir maître de leur soumission aux pulsions de la chair. C’est une pièce de l’intimité.
Dans cette quête des limites de « la chose », tout langage est un obstacle, un refuge qui rend impossible l’abîme de la nudité et la dislocation charnelle provoquée par le désir. Le Verbe ne sait se taire. Il régit. Il agît. Il soumet ce couple à leur humanité inextricable, à leur instinct de préservation, à l’immuable volonté de se constituer en tant qu’être.
Orgie est un combat. Il s’agit d’affronter le langage et de trouver son silence véritable, qui seul pourrait être garant de l’intégrité du Désir. Ce dernier est brutal, cruel, monstrueux, pervers et inlassablement fardé par le Verbe. Orgie est une course-poursuite. Le spectateur est invité à cette expérimentation carnassière, comme dans un road-movie.
Servi par une langue érudite, imprégné par Nietzsche et Sade, ce texte est, d’après moi, une clé de voûte dans le théâtre de Pier Paolo Pasolini. Dans la veine de Salo et les 120 jours de Sodome, fort de ses réflexions artistiques et politiques, Pier Paolo Pasolini nous invite ici à éprouver, à nous interroger sur les véritables fondements de nos fantasmes personnels et collectifs. En mettant en perspective la religion et la politique « de nos pères », il rend de nouveau possible la mise en doute de valeurs raisonnées, admises et revendiquées par les « droits-de-l’hommistes ».
Aussi, ce texte m’intéresse, car il repousse les limites de la question de l’être. Il ne s’agit pas simplement d’être en s’attachant à des valeurs raisonnées et reconnues comme « bonnes », encore faut-il avoir un souci esthétique de l’être. La question n’est pas : « Qui suis-je ? » mais : « Pourquoi persévérer dans mon être ? » Pour moi, à cette dernière question, peuvent y répondre principalement des considérations d’ordre esthétique, du domaine de l’art, c’est-à-dire des digressions et transgressions de Beauté. Cet homme et cette femme, retirés du monde, sont peut-être les figures d’une sainteté nouvelle, ne pouvant naître que dans l’obscénité d’une représentation tragique.

HEDWIG BORN, CHARMANTE EPISTOLAIRE – 2006

« J’ai toujours cru en un Univers déterministe, dont la compréhension nous échappe encore en partie, mais beau mathématiquement, c’est à dire dans le sens de sublime. » – Albert Einstein

D’après Albert Einstein, Max Born : correspondance (1916-1955)
Mise en scène et adaptation de Raphaël Patout
Costumes d’Angèle Mignot
Avec Josée Drevon

Deux physiciens. Tout deux sont passionnés. Tout deux cherchent à comprendre. De manière empirique ou théorique, le tout est de « comprendre » les phénomènes quantiques.
Ainsi débute l’échange épistolaire entre Albert Einstein et Max Born.
De la révolution Berlinoise de 1917 à la victoire nazie de 1933, cette correspondance témoigne de l’amitié physique, mais aussi métaphysique et spirituelle de ces deux grands chercheurs. C’est toute l’histoire de la première moitié du XXème siècle, que l’on observe.
Cependant, un différent métaphysique, se répercutant sur leur débat physique, vient peu à peu envenimer leurs lettres. Einstein veut unifier les lois de l’Univers, Born se tourne vers la physique quantique. L’un est qualifié par l’autre de « déterministe », l’autre est défini par l’un de « probabiliste ». Finalement, Einstein finit par injurier le travail de Born d’ « Hegelianerie. »
Hedwig Born, poète, participe petit à petit à cet échange transformant le duo intellectuel, en trio. L’on ajoute un sujet de partage, la littérature. Construites de manières anarchiques, ces lettres régulières passent, d’un paragraphe à l’autre, sans transition, du débat physique à la littérature, aux critiques politiques internationales, à la vie privée. Le désir inexorable d’Einstein d’unifier les lois de l’univers ne se réaliserait-il pas ?
Hedwig nous fait part de cette correspondance, à travers ses yeux ignorant les lois physiques.