VENUS AU BAIN – Formation DMA Costumier Réalisateur – 2017

Module de formation à l’intention du DMA Costumier Réalisateur de La Martinière – Diderot (Lyon)
Dirigé par Sigolène Petey, costumière et Raphaël Patout, metteur en scène.
Avec Camille Roy, Marie-Ange Gagnaux et Benjamin Mayet
Lumières d’Arnaud Chevalier
Photographies de Jim Ouzi

Elaborer une silhouette évolutive par interaction avec l’eau et le jeu d’un interprète. Commencer par des explorations plastiques, par des expériences avec des tissus. Observer leurs transformations possibles par interaction avec l’eau. Se laisser conduire par la matière pour concevoir l’esthétique et l’utilisation. Adapter la coupe et les techniques d’assemblages en fonction.
Mais aussi, collaborer avec des interprètes professionnels. Observer leurs physionomies afin de faire une proposition ajustée et adaptée. Prendre en compte leur énergie et leurs particularités. Enfin, se fier au processus pour développer du sens et du jeu.

 

 

Le DMA costumier réalisateur de La Martinière Diderot prépare à l’éclectisme des métiers liés au costume et à son environnement. Au cœur d’un laboratoire d’expérimentations autant techniques que plastiques, les étudiants manipulent de multiples matériaux afin de construire dans un même temps le sens dramaturgique et l’esthétique d’un costume.

Exposition « MON MOI REVE » – Centres sociaux du PRADO – 2017

Projet photographique réalisé avec des jeunes issus des centres sociaux du PRADO, en partenariat avec le Théâtre de la Croix-Rousse et financé par la Fondation St Irénée.
Photos de Jim Ouzi
Stage de jeu dirigé par Benjamin Mayet
Costumes de Lise Pereirra
Conception et coordination de Raphaël Patout

Se représenter soi-même. Tenter de donner à voir ce que l’on est. Ou au moins, une partie. Mettre en scène son corps. Déterminer la bonne posture. Travailler le regard que l’on adresse à celui qui nous verra. Choisir son décor, son costume, ses accessoires. Peut-être inviter une personne à nous rejoindre dans le cadre.
Depuis sa création en 2011, La Chambre Noire – Théâtre travaille avec des adolescents sur l’autoportrait et plus largement sur la représentation qu’ils ont d’eux-mêmes. Ainsi, il s’agit de les inviter à jouer avec ce qu’ils donnent à voir, à s’interroger sur ce qui les fonde, à aller chercher les images qui habitent leurs individualités, fabriquent leurs personnalités. Cet exercice de style convoque de l’intime mais revêt aussi un caractère politique au sens large, car même s’il s’agit d’une pratique apparemment tournée vers soi, elle s’adresse toujours comme tout geste artistique, à un autre, à un spectateur.
Peut-être est-ce l’occasion d’affirmer, ou d’assumer quelque chose de soi ? Peut-être est-ce l’opportunité de partager avec l’autre (que l’on ne connait pas encore !) quelque chose qui nous est propre, et ainsi d’entrer en dialogue ? Car au final, l’expérience proposé par ces images, c’est de s’interroger sur ses propres représentations : « Et si moi aussi, je devais faire mon autoportrait, si je devais concevoir mon Moi rêvé qu’est-ce que je ferais ? »

Exposition « Autoportrait: Corps et sensations » – Associations des centres sociaux du PRADO – 2010

Projet photographique réalisé avec des jeunes du PRADO des Foyers de Tassin-la-Demi-Lune et de Beaurepaire
Photographies de Jim Ouzi
Mise en scène de Raphaël Patout

L’autoportrait est une image de soi, produite par soi-même. Il invite à réfléchir l’image que l’on renvoie et à la manipuler. Il est problématique. Il a un caractère éminemment politique, car il consiste à réfléchir à ce que l’on veut incarner vis-à-vis des autres, à réfléchir à sa qualité esthétique, à se rendre responsable de ce que les autres percevront de nous.
Dans le cadre des centres sociaux du PRADO, il nous a paru important de proposer une démarche qui dépasse des enjeux uniquement pédagogiques et d’inviter des jeunes à investir une forme esthétique de manière poétique. Ainsi, nous avons choisi de les accompagner dans la réalisation de leur autoportrait.
A partir de jeux et d’improvisations théâtrales, chaque participant a donc été invité a mettre en scène une image photographique. La mise en jeu était d’autant plus intense que la matière principale pour mettre en œuvre celle-ci était le corps. Cependant, très rapidement, dès les premières séances, nous avons vu des épaules se redresser, des démarches prendre de l’assurance, des corps être investis.
Peu à peu, dans différents lieux des établissements du Prado, chacun a été amené à projeter une fiction personnelle. En se détachant peu à peu du réel, par une dérivation progressive vers l’imaginaire, chacun a construit une séquence courte de théâtre qui a ensuite été captée par un appareil photographique. L’objectif n’était pas une représentation, mais bien l’élaboration d’une image fixe. Il ne s’agissait pas des capter des traces d’un travail d’atelier, mais bien de fabriquer des images autonomes, de rechercher des qualités plastiques et narratives.
Pour réaliser ces images, il nous a semblé important d’offrir des conditions de prise de vue dites « sérieuse ». Nous avons donc travaillé comme dans un studio professionnel: flashs, projecteurs et réflecteurs.
Dans une sorte d’aller-retour entre la « scène » et l’appareil photographique, les stagiaires ont véritablement été maitres de leur image. Nous avons eu des échanges très intéressant avec les jeunes sur la qualité de ce qu’ils proposaient. Contrôlant sur l’écran de l’appareil numérique, ce qu’ils donnaient à voir, ils ont d’eux-mêmes amené des ajustements et des corrections: certains ont choisis de changer de lieu, de modifier leur séquence, de la préciser…
Chaque prise de vue a donné lieu à une soixantaine de poses, qui ont ensuite été triées, sélectionnées et assemblées, afin de construire une image unique. Face à la variété des propositions et des lieux, il était impossible de procéder de manière systématique. Chaque image est particulière, composée de dix ou de deux photos, suivant la proposition de chacun.
Dans la manière dont les séances se sont déroulées avec les dix stagiaires, il y a eu pour nous, quelque chose de très réjouissant. Chacun s’est véritablement emparé du dispositif proposé, chacun à sa manière; ce qui permet aujourd’hui d’être spectateur de dix images très différentes et singulières. Rassemblées, elles sont comme une documentation, dans laquelle transparaissent des états d’être : une esthétique.