PAYSAGE(S) – 2017

Avec Benjamin Mayet
Conception et mise en scène de Raphaël Patout
Lumières d’Hugo Dragone

L’homme, en complet veston cravate, pieds et mains ensanglantées et bandées (stigmates de la crucifixion) (s’agit-il du Christ-créateur-ressuscité ou condamné ?) est enfermé entre quatre colonnes dans une cage de cordes et (à l’avant-scène) d’une grille de fer. Aux cordes, de multiples figures géométriques (des dessins de Léonard de Vinci , de Dürer ?) sont accrochées. L’homme – le géomètre ? l’architecte ? le créateur ? – est en attente dans son atelier. Quatre coups de projecteurs, sous quatre angles de vue différents (éclairages de Hugo Dragonne), accompagnent quatre coups de percussions musicales. Dramatisation immédiate. L’homme silencieux dans son atelier (il ne dira mot) s’affaire. Il prend des mesures, géométrise tout, architecture tout, éprouvant l’ « irrépressible » besoin de calculer, de géométriser, d’harmoniser ? Il est l’homme, le géomètre, le créateur. Par le biais d’un rétroprojecteur, il diffuse sur un mur différentes reproductions de tableaux … dont une descente de la croix (de Rubens ?). Il tire des cordes. Il reproduit les mesures de l’espace sur lui-même. Au fur et à mesure de sa quête « fiévreuse », il se dévêt jusqu’à se retrouver nu. Sur les lignes de son corps, il reproduit les lignes géométriques du prisme fondamental (mélancolique ? d’Albrecht Dürer ?). Avec des tasseaux de bois, il édifie une construction, bientôt devenue toit, où il se réfugiera.
Jean-Michel Potiron

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Workshop réalisé dans le cadre des 7 du 7, organisé par le collectif 7 prime. Représentation le 7 juillet 2017.

AVEC TOUTE MON ADMIRATION – 2017

De Christian Rullier
Avec Monique Ditisheim, Blaise Froidevaux, Olivier Perrier
Mise en scène de Raphaël Patout
Costumes et scénographie de Sigolène Petey
Piano et voix de Léopoldine Hummel
Lumières d’Hugo Dragone
Photo de Mike Kieme
Production et régie Jean-Philippe Hoffman

INTERVIEW DE RAPHAEL PATOUT

Avec toute mon admiration, pièce de Christian Rullier publiée en 2003 et lue par son auteur lors du Festival d’Avignon de la même année. Eprouvez-vous un sentiment de liberté particulier du fait que seule une lecture de ce texte existe,  sans que ce dernier soit pour autant destiné aux ondes radiophoniques ?

C’est toujours passionnant de mettre en scène un texte pour la première fois, et de manière générale de travailler sur un texte contemporain. Contrairement au classique, nous ne sommes pas envahis de préconception. Là, je suis en quelque sorte « vierge ». Quand on met en scène Hamlet par exemple, toutes les représentations qui nous ont précédées, façonnent notre imaginaire, alors que là tout est à faire. La seule chose qui guide la création, c’est ce que l’auteur a écrit. Le travail est très différent. Nous plongeons alors dans une forme d’enquête. Il s’agit de détecter les intentions de l’auteur afin de trouver la meilleure manière de le représenter, de faire entendre au public tout ce que ce texte inconnu contient etc. Aussi, il y a de vrai moment de plaisir quand en répétition, on découvre une facette, une thématique ou une problématique qui n’était pas visible lors des premières lectures.

Tout est à décrypter !

Avec toute mon admiration : c’est un titre qui a dû entraîner une kyrielle de questions. Une contrainte ou un sentier ?

Les deux ! La pièce raconte l’admiration d’un homme pour une femme, d’un auteur pour une comédienne. Il y a quelque chose qui n’est pas sans relation avec le mythe de Pygmalion. Représenter l’admiration d’un homme pour une femme est périlleux, dans le sens où nous sommes gorgés de clichés. Toute la difficulté est de les dépasser.

Et là où le texte me parait particulièrement intéressant, c’est que la femme sur laquelle s’exerce cette fascination, est une comédienne âgée. C’est aspect est important car l’histoire « d’amour » que nous représentons est celle d’un homme relativement jeune pour une femme relativement âgée.

Ceci permet de faire entendre autre chose : L’homme n’admire pas que la beauté plastique de la femme, ou sa verve… Ce qu’il admire, ce qui est pour lui objet d’attraction c’est tout une vie, toute une mémoire. C’est la densité d’un parcours jalonné d’erreurs et d’échecs, mais aussi de réussites et de joies… C’est comme si Christian Ruillier utilise ce prétexte pour dresser le portrait d’une femme dans toutes sa complexité, avec ses lumières et ses ombres.

 

Parmi la richesse du texte de Christian Rullier,  vous avez dû faire des choix : que montrer, que laisser résonner ? Parlez-nous de cette aventure renouvelée chaque soir.

Ce qui m’intéresse de manière générale et en particulier pour ce texte, c’est de faire résonner la dimension métaphysique, c’est-à-dire de faire entendre les questionnements propre à chaque personnage et de voir comment cela peut résonner dans le public. Le théâtre est un formidable endroit pour s’interroger, pour vérifier ce qui nous fonde. J’espère que quand Eléonor, la femme, s’interrogera sur son parcours, sa carrière, sa vie, ce sera l’occasion pour tout un chacun de faire de même, de prendre conscience avec joie et humour, des mirages qui encombrent nos vies : l’ambition, l’orgueil, la vanité.

Il y a un caractère politique (au sens large) dans cela, car l’ultime question que le théâtre pose est selon moi : Qu’est qui est réellement important dans une vie humaine ?

 

Coproduction: Le Théâtre Tumulte (Neuchâtel – CH) et La Chambre Noire – Théâtre (Lyon)

SGANARELLE ET LE LIBERTIN – 2016

D’après Molière, Sade et Eugène Green.
Avec Damien Houssier, Maxime Kerzanet, Charlotte Ligneau et Sofia Telliet
Mise en scène de Raphaël Patout
Costumes de Sigolène Petey
Scénographie de Manon Mondacque

Entre autre thème, Molière écrit sur l’amour : Il y a l’amour de Dom Juan pour toutes les femmes. Il y a celui d’Alceste qui est jaloux jusqu’à s’en rendre malade. Il y a celui d’Elvire qui est pathétique. Il y a celui de Tartuffe qui est celui d’un escroc. Il y a celui des précieuses qui est ridicule….
Comiques ou tragiques, risibles ou nobles, excessives ou morales, nos manières en amour traduisent notre façon d’être au monde. Elles décrivent ce que nous sommes et ce à quoi nous croyons, au plus profond de nos êtres. Elles nous poussent plus bas que terre, ou nous parent d’un caractère divin. Pervers ou moral, l’amour agit, il agite, il comble ou énerve, il hébète et tyrannise…. il est théâtral !
Deux hommes et deux femmes : Dom Juan, Sganarelle, Elvire et Célimène. Quatre figures s’entrecroisent, s’aiment et se déchirent, parlent d’amour et défendent leur vision. C’est un combat pour l’amour auquel nous vous invitons.

 

 

Coproduction : Festival des Nuits de Joux et La Chambre Noire – Théâtre

LE SOMMEIL DE BLANCHE-NEIGE – 2016

D’après Blanche-Neige des frères Grimm et Robert Walser
Une proposition de Julio Guerreiro et Anne-Laure Sanchez
Avec Laurent Dratler et Anne-Laure Sanchez

Site: http://annelauresanchez.wixsite.com/blanche-neige

Un miroir qui parle. Un chasseur. Une biche. Sept nains. Une pomme rouge empoisonnée. Un cercueil de verre. « Un jour mon prince viendra ». Une boule à facettes. Les paillettes. Réveiller Blanche-Neige?
Une mise à jour inquiétante du conte
Réveiller Blanche-Neige ?
Revenir sur les traces de Blanche-Neige. Le désir de créer un spectacle à partir du conte de Blanche-Neige. Le conte appartient à une culture et à un imaginaire collectif, tout en étant lié à l’enfance et au souvenir de chacun. Alors avec humour et fantaisie parcourir le conte, tracer des chemins, se frayer un chemin commun.
Pour cette exploration, le désir de réunir deux artistes qui mêlent leurs univers. Un performeur / compositeur / ex-DJ / musicien et une comédienne, vidéaste à ses heures perdues. Ils dialoguent avec le conte de Blanche-neige. Des croisements entre réalité et fiction s’opèrent. De fil en aiguille, les épisodes du contes deviennent le support de multiples digressions et variations poétiques autour du sommeil de Blanche-Neige.

 

 

DIFFUSION

Festival de Caves 2015
2 , 4, 5, 7, 8, 9 juin, Lyon
Chez Yvane (Théâtre éphémère), Lyon
16 et 17 octobre 2015

Coproduction: Festival de Caves (Besançon) et La Chambre Noire – Théâtre (Lyon)

MEMOIRES D’UNE ROBE ROUGE – 2015

D’après La Mémoire de l’air de Caroline Lamarche et Un Mage en été d’Olivier Cadiot
Conception d’Anne-Laure Sanchez
Avec Anne-Laure Sanchez
En collaboration avec Julio Guerreiro
Création son de Laurent Dratler et Anne-Laure Sanchez

Site: http://annelauresanchez.wixsite.com/memoires

Mémoires d’une robe rouge vous convie à passer une soirée en compagnie d’une jeune femme perdue dans ses souvenirs.Un jour d’été, elle découvre une photo. Une photo d’une femme qui se baigne dans une rivière.Une femme inconnue.Elle se souvient d’une promenade, d’une robe rouge ….Recoller les morceaux. Panser une blessure. Avec du scotch.
Le texte est un montage d’Un Mage en été d’Olivier Cadiot et La Mémoire de l’air de Caroline Lamarche. Le montage de ces deux textes suit le principe de la réminiscence. D’un souvenir confus, des mots, des images, des sensations surgissent et en appellent d’autres. Le texte se forme comme un souvenir, j’assemble donc les deux textes par écho, associations d’idées mais également en laissant des blancs, des vides, des silences. Ces blancs laisse jaillir une ritournelle. Elle fait écran. Elle retient les mots, elle prend la place de ce qui ne peut pas être dit ou de ce qui a été oublié Mémoires d’une robe rouge n’est ni un pamphlet politique, ni un manifeste féministe. C’est l’histoire d’une femme qui (re-)fait surface. Elle dévoile ses peurs, ses souffrances nées du jour où elle portait une robe rouge. La peur de mourir, le viol et la honte. Et le rêve d’une rivière qui emporterait tout.

 

 

DIFFUSION 

Festival de Caves 2015
Lyon 6/06, Dijon 11/06, Besançon du 12 au 15/06
Aux Bons Sauvages, Lyon 21/11/ 2014
Théâtre du Carré 30
Nuit de la poésie 26/09/ 2014
Festival de Caves 2014, Lyon du 1/05 au 2/05
Grenoble 8/05, Genève 4/06, Besançon 14/06
Festival de Caves 2013, Lyon 28/05

Coproduction : Festival de Caves, La Chambre Noire-Théâtre

AU-DESSUS, A JAMAIS – 2015

D’après la nouvelle de David Foster Wallace
Adaptation et mise en scène de Raphaël Patout
Avec Maxime Kerzanet

Aujourd’hui, c’est son anniversaire. Il a 13 ans. Ses parents lui ont demandé ce qu’il voulait faire. Il a répondu: Aller à la piscine municipale ! Il aurait voulu y aller seul. Mais aujourd’hui, c’est spécial, ses parents et sa sœur l’accompagnent. Depuis un certain temps, il sent que des choses changent. Il a 13 ans. Aujourd’hui, il veut sauter du plus haut des plongeoirs…
L’écriture de David Foster Wallace séduit d’emblée. C’est une écriture du détail. Chacun de ces détails recouvre une réalité toujours beaucoup plus vaste. Quelque chose s’y noue. Sous couvert de superficialité, c’est bien une vision de l’homme et du monde contemporain qui y est traduit.

 

 

Coproduction : La Chambre Noire-Théâtre (Lyon) et Le Festival de Caves (Besançon)

SOUDAIN L’ETE DERNIER – 2014

De Tennessee Williams
Traduction de Laville
Mise en scène de Raphaël Patout
Assisté de Manon Falippou
Avec Charlotte Ligneau, Charles-Antoine Sanchez, Pauline Huruguen, Anaïs-Marie Marty-Mazan, Mathieu Barché, Marie Tricolini et Léopoldine Hummel
Costumes et scénographie de Sigolène Petey

Le poète Sébastien est mort l’été dernier. Chaque année, il avait l’habitude de partir en voyage avec sa mère Madame Venable, une grande bourgeoise de la Nouvelle-Orléans. Mais l’été dernier, celle-ci a eu un problème cardiaque et n’a pas pu voyager avec lui. Comme chaque année !
C’est sa cousine, Catherine Holly, qui l’a accompagné lors de cet ultime voyage à Cabeza de Lobo en Espagne. Lorsqu’elle est revenue, seule, le récit des circonstances de la mort de Sébastien est étrange. Etrange voir inadmissible, dans la double acceptation de ce terme. C’est pourquoi, sa tante l’a fait interner et souhaite aujourd’hui la voir lobotomisée.
Nous voici donc un an après cette mort mystérieuse. L’été suivant l’été dernier. Dans le jardin fantastique de Mme Venable.  C’est la fin de l’après-midi. Le Docteur Coukrowicz, spécialiste de la lobotomie, est là. Il doit faire le diagnostic afin de déterminer si cette opération doit avoir lieu. Celle-ci est risquée, encore au stade expérimental…. Il mène l’enquête…
Les drames écrits par Tennessee Williams, sont riches, complexes et rugueux. Des imaginaires s’y confrontent… avec brutalité. Chaque figure se débat avec ses propres fictions, avec celles des autres, et génère ainsi d’autres fictions encore. Dans Soudain l’été dernier, chaque figure tente de décrire la réalité des faits, de dresser le portrait exact de Sébastien, de sa mort, mais il y a toujours quelque chose qui échappe… qui trahit. Toucher la vérité, raconter la réalité objective des faits est impossible. Toujours la perception, la manière dont on construit le récit, le travail de la mémoire et de l’oubli, trahissent et maquillent. Pas de vérité nue !
De fait, cela donne lieu à des histoires étranges, voir baroques, voir fantasques, à des considérations d’ordres ésotériques, à des états « limites »… Il y a le drame visible. Celui qui se déroule sous nos yeux. Mais un autre drame a lieu. Ailleurs. Un drame caché.
Tennessee Williams écrit des personnages qui s’inscrivent dans des formes de marginalités : homosexualité, alcoolisme, démence… En faisant cela, il ne s’agit à aucun moment de gloser autour de la question des marges, mais plutôt d’utiliser celles-ci pour décrire ce qui est profondément ancré dans l’être. Par ces destins singuliers, Tennessee Williams révèle des aspirations communes. Il met en évidence un sentiment. Un sentiment qui interroge ce qui fait que nous nous tenons debout… qui fait que nous persévérons dans nos êtres.

 

 

Coproduction: Le Festival des Nuits de Joux (Pontarlier) et La Chambre Noire – Théâtre (Lyon)

JOSEPH – 2014

D’après les journaux et écrits de Joseph Goebbels
Texte de Thomas Lihn
Avec Pierre-François Doireau
Costumes de Sigolène Petey
Mise en scène de Raphaël Patout
Festival de Caves 2014

Un jeune homme de notre temps parcourt les écrits de Joseph Goebbels. Il les lit et s’enregistre. Il réécoute et se laisse séduire…. Il imagine la vie et l’ascension de celui qui sera ministre de la propagande. Il revit ses joies, ses peines, ses obsessions. Comment et sur quelles bases se forge la vie, l’esprit et les affects d’un homme qui sera un complice actif de l’ignominie ?

 

 

DETRUIRE LE MYTHE
Hitler, Himmler, Goering, Goebbels… des noms irrévocablement associés à la barbarie, à l’inhumanité la plus profonde. Ils prennent valeur de mythes dans l’histoire du vingtième siècle. Des mythes obscurs, il va sans dire.
J’ai étudié l’histoire de ces personnages au cours de mes études, je les ai vus dans des documentaires à la télévision, j’ai lu des témoignages relatant les faits de leur politique désastreuse. Cependant, ils demeurent pour moi des images lointaines…
Peut-être l’horreur extrême de leurs actes reste-t-elle difficilement concevable? Tout ceci semble tellement inimaginable…
En lisant les journaux personnels tenus par Goebbels, ministre de l’éducation et de la propagande, quelque chose s’incarne qui détruit le mythe. Il y est décrit le quotidien du troisième Reich, comment tout ceci a été possible, comment des individus bien réels, avec leur vie, leur famille, leurs émotions, ont organisé un système totalitaire.
En mettant en scène Goebbels, sa mélancolie, ses joies, son désir de trouver un guide, de devenir fanatique, il ne s’agit à aucun moment d’excuser l’inexcusable, mais plutôt de revisiter le questionnement qu’impose cette part de l’Histoire. Les ravages du nazisme ont été perpétrés par des hommes bien vivants et non par des personnages mythologiques.
Au-delà de l’histoire personnelle de ces individus, c’est bien l’histoire de l’Europe qui est mise en perspective. Le National-Socialisme n’est pas né de manière spontanée. Il est le résultat d’influences idéologiques et économiques mais aussi esthétiques. Ceci permet non seulement de comprendre les aspects contingents mais aussi de considérer par quel imaginaire cela a été possible.
Raphaël Patout – Metteur en scène

 

Coproduction : La Chambre Noire-Théâtre (Lyon) et Le Festival de Caves (Besançon)

SERMONS JOYEUX – Festival d’Avignon 2014

Texte de Jean-Pierre Siméon
Par Charlotte Adrien
Mise en scène de Raphaël Patout
assisté d’Anne-Laure Sanchez

LABILE, GOURMAND ET AMOUREUX
6 textes. 6 sermons (joyeux), qui abordent divers aspects de nos sociétés : la langue, le cynisme, l’image, la peur, le jeunisme, l’aseptisation généralisée.
Des thèmes universels qui résonnent dans nos parts les plus intimes :
Notre capacité à créer, à inventer chaque jour, notre espoir insolent face au cynisme, notre peur de l’inconnu, du non-connu, notre difficulté à vieillir, notre désir de croquer la vie à pleines dents par opposition à l’hygiénisme ambiant…
Une figure labile et gourmande porte ces 6 textes, s’amuse avec la langue,
s’amuse de la langue, swingue entre les mots pour réfléchir sur le Monde,
et l’Humain.
Une figure libre et amoureuse…
….et joyeuse !
Charlotte Adrien

 

LA GUERISON INFINIE – 2013

Adaptation de l’ouvrage éponyme rassemblant le dossier médical d’Aby Warburg et de ses écrits sur l’Art
Texte et mise en scène de Raphaël Patout
Assisté de Anne-Laure Sanchez
Avec Pearl Manifold
Costumes de Sigolène Petey
Conseiller dramaturgique Bernard Bouteille

Frieda Hecht, infirmière, est hantée par la vie d’un homme. Elle est traversée par ses paroles. Elle refait comme lors d’un rituel les gestes qui ont caractérisé sa vie.
Elle retrace un chemin.
Le chemin d’Aby Warburg, historien de l’art allemand, qui a été interné à la clinique psychiatrique Bellevue le 15 avril 1921.
En 1918, suite à la première guerre mondiale et à son ignominie, Aby Warburg, historien de l’Art, est victime d’une crise de psychose aigüe: il croit être responsable de la défaite de l’Allemagne et menace les membres de sa famille avec un revolver. Condamné par le diagnostique de différents psychiatres, il est interné en 1921 à la clinique Bellevue. Tout le corps médical est formel, jamais il ne recouvrira la santé.
Cependant, Aby Warburg a le sentiment que c’est son travail scientifique qui lui permettra de s’en sortir. Ainsi, il poursuivra ses recherches tout en bénéficiant en parallèle des soins administrés par le psychiatre Ludwig Binswanger. A partir de l’ensemble de la documentation qu’il a accumulé durant des années, il commencera à composer les planches de l’atlas Mnémosyne qui sera l’un des ouvrages majeurs (car révolutionnaire) de l’histoire de l’art.
En effet, celui-ci cherche à décrire ce que son auteur appelle les formules du pathos. Il est composé de planches qui rassemblent des reproductions de tableaux, d’objets ou encore d’ornements issus d’époques et de civilisation différentes. Aby Warburg veut avoir une analyse transversale de l’histoire. Il rompt avec la méthodologie traditionnelle de sa science.
En 1924, après avoir prononcé la célèbre conférence sur Le rituel du serpent devant les patients, il sera autorisé à quitter la clinique Bellevue.
Le spectacle sera constitué à partir d’extraits du dossier médical d’Aby Warburg qui est composé de son journal d’internement et de la correspondance que celui-ci a entretenu avec sa famille, ses amis et ses psychiatres.
Raphaël Patout

« Ces textes offrent un témoignage poignant. […] Leur portée dépasse l’histoire, car ils permettent de poser une question fondamentale: Qu’est-ce que guérir? »

Davide Stimilli

Coproduction : La Chambre Noire-Théâtre (Lyon) et Le Festival de Caves (Besançon)