MEMOIRES D’UNE ROBE ROUGE – 2015

D’après La Mémoire de l’air de Caroline Lamarche et Un Mage en été d’Olivier Cadiot
Conception d’Anne-Laure Sanchez
Avec Anne-Laure Sanchez
En collaboration avec Julio Guerreiro
Création son de Laurent Dratler et Anne-Laure Sanchez

Site: http://annelauresanchez.wixsite.com/memoires

Mémoires d’une robe rouge vous convie à passer une soirée en compagnie d’une jeune femme perdue dans ses souvenirs.Un jour d’été, elle découvre une photo. Une photo d’une femme qui se baigne dans une rivière.Une femme inconnue.Elle se souvient d’une promenade, d’une robe rouge ….Recoller les morceaux. Panser une blessure. Avec du scotch.
Le texte est un montage d’Un Mage en été d’Olivier Cadiot et La Mémoire de l’air de Caroline Lamarche. Le montage de ces deux textes suit le principe de la réminiscence. D’un souvenir confus, des mots, des images, des sensations surgissent et en appellent d’autres. Le texte se forme comme un souvenir, j’assemble donc les deux textes par écho, associations d’idées mais également en laissant des blancs, des vides, des silences. Ces blancs laisse jaillir une ritournelle. Elle fait écran. Elle retient les mots, elle prend la place de ce qui ne peut pas être dit ou de ce qui a été oublié Mémoires d’une robe rouge n’est ni un pamphlet politique, ni un manifeste féministe. C’est l’histoire d’une femme qui (re-)fait surface. Elle dévoile ses peurs, ses souffrances nées du jour où elle portait une robe rouge. La peur de mourir, le viol et la honte. Et le rêve d’une rivière qui emporterait tout.

 

 

DIFFUSION 

Festival de Caves 2015
Lyon 6/06, Dijon 11/06, Besançon du 12 au 15/06
Aux Bons Sauvages, Lyon 21/11/ 2014
Théâtre du Carré 30
Nuit de la poésie 26/09/ 2014
Festival de Caves 2014, Lyon du 1/05 au 2/05
Grenoble 8/05, Genève 4/06, Besançon 14/06
Festival de Caves 2013, Lyon 28/05

Coproduction : Festival de Caves, La Chambre Noire-Théâtre

AU-DESSUS, A JAMAIS – 2015

D’après la nouvelle de David Foster Wallace
Adaptation et mise en scène de Raphaël Patout
Avec Maxime Kerzanet

Aujourd’hui, c’est son anniversaire. Il a 13 ans. Ses parents lui ont demandé ce qu’il voulait faire. Il a répondu: Aller à la piscine municipale ! Il aurait voulu y aller seul. Mais aujourd’hui, c’est spécial, ses parents et sa sœur l’accompagnent. Depuis un certain temps, il sent que des choses changent. Il a 13 ans. Aujourd’hui, il veut sauter du plus haut des plongeoirs…
L’écriture de David Foster Wallace séduit d’emblée. C’est une écriture du détail. Chacun de ces détails recouvre une réalité toujours beaucoup plus vaste. Quelque chose s’y noue. Sous couvert de superficialité, c’est bien une vision de l’homme et du monde contemporain qui y est traduit.

 

 

Coproduction : La Chambre Noire-Théâtre (Lyon) et Le Festival de Caves (Besançon)

Critique AU-DESSUS, A JAMAIS – Laurent Bourbousson

Lien: http://ouvertauxpublics.fr/vu-au-dessus-a-jamais-lecriture-de-david-foster-wallace-a-lassaut-de-nos-13-ans/

Vu : Au-dessus, à jamais, l’écriture de David Foster Wallace à l’assaut de nos 13 ans.

Raphaël Patout (Cie La Chambre Noire) est amoureux de l’écriture de David Foster Wallace. Il convoque un clown pour introduire un récit acide sur l’adolescence. Les mots de David Foster Wallace sont portés par le remarquable Maxime Kerzanet. Hypnotique et vertigineux. Retour.

Seules les rampes de spots séparent le public de lui. Lui, c’est le clown, personnage autant inquiétant qu’amusant, qui fait vaciller le réel sous nos pieds. Il est celui qui réveille l’enfant de 13 ans qui sommeille en vous. Appuyé contre le mur dans un coin du plateau, il attend. Il attend le moment de déballer ce qu’il a sur le cœur et nous voilà prêt à l’écouter, tous autour de lui.

En s’appropriant le texte de David Foster Wallace, le metteur en scène, Raphaël Patout, fait chanter les mots, leur donne des couleurs, les signifie. Il dissèque le texte, le distord pour mieux le faire entendre et trouve en Maxime Kerzanet un interprète formidable. Celui-ci s’amuse, durant l’heure, à nous tendre un miroir à la fois hypnotisant, déformant et terriblement réel de l’adolescence. Il saisit le public pour une escalade qui culmine sur le haut d’un plongeoir de piscine.

Vertige de l’adolescence pour un requiem de l’enfance.

C’est le jour de son anniversaire et il a décidé d’emmener tout le monde à la piscine. Sa serviette de bain Winnie l’Ourson, le bonnet à fleurs de sa petite sœur, le blanc blafard des peaux, ses poils, tout passe à la moulinette dans son esprit. Sorte de règlement de compte intérieur, avec sa famille, avec lui-même, cet enfant étouffe dans l’american dream, dans la peau du pas encore adulte et du plus tout à fait enfant.

Il est le grand frère d’une petite sœur sur qui il doit veiller, ses parents, il ne les aime pas vraiment. Il aimerait se rebeller. Dire qu’il existe. En a marre d’être ce que l’on attend de lui : le gentil petit garçon.

C’est pour cela qu’il décide de monter sur le plongeoir de la piscine. Nous montons avec lui sur l’échelle qui mène au plus haut point. Le plongeoir prend des allures de machine capitaliste qui broie les gens. Les mots de cette nouvelle ont tous un sens bien particulier. On voit les chevilles de celui du dessus, on arrête sa respiration sur la langue du plongeoir. On ne sait pas si on doit sauter. On ne sait pas si on doit s’écraser sur le sol. L’emploi du tu renvoie les auditeurs à leurs propres sensations d’adolescent, moment de bascule dans l’âge d’après, celui des transformations sociales et physiques.

Maxime Kerzanet joue toutes les variations d’état. Les modulations de la voix et les sons permettent des respirations dans ce monologue. Oscillant entre souvenirs et instants réels, il est le guide dans les méandres de l’adolescence. Il entraîne son petit monde dans un jeu de piste impressionniste.

L’écriture plante le décor. Le public pourrait être en maillot, que cela n’en serait pas perturbant. Les mots de David Foster Wallace et la puissance du jeu du comédien nous font sentir la chaleur d’un bord de piscine, le petit vent sur la peau à l’abri du soleil.

La mise en espace de ce texte ajoute une dimension brute, sans fard. En resserrant l’espace de jeu autour du comédien, Raphaël Patout joue sur l’idée de graver les mots de son auteur fétiche dans l’esprit du public, ce qui est largement réussi.

Au-dessus, à jamais a été vu au Théâtre des Carmes-André Benedetto (Avignon)
A voir à Lyon au Lavoir Public, du 26 au 28 janvier 2016 à 20h00.

Laurent Bourbousson

SOUDAIN L’ETE DERNIER – 2014

De Tennessee Williams
Traduction de Laville
Mise en scène de Raphaël Patout
Assisté de Manon Falippou
Avec Charlotte Ligneau, Charles-Antoine Sanchez, Pauline Huruguen, Anaïs-Marie Marty-Mazan, Mathieu Barché, Marie Tricolini et Léopoldine Hummel
Costumes et scénographie de Sigolène Petey

Le poète Sébastien est mort l’été dernier. Chaque année, il avait l’habitude de partir en voyage avec sa mère Madame Venable, une grande bourgeoise de la Nouvelle-Orléans. Mais l’été dernier, celle-ci a eu un problème cardiaque et n’a pas pu voyager avec lui. Comme chaque année !
C’est sa cousine, Catherine Holly, qui l’a accompagné lors de cet ultime voyage à Cabeza de Lobo en Espagne. Lorsqu’elle est revenue, seule, le récit des circonstances de la mort de Sébastien est étrange. Etrange voir inadmissible, dans la double acceptation de ce terme. C’est pourquoi, sa tante l’a fait interner et souhaite aujourd’hui la voir lobotomisée.
Nous voici donc un an après cette mort mystérieuse. L’été suivant l’été dernier. Dans le jardin fantastique de Mme Venable.  C’est la fin de l’après-midi. Le Docteur Coukrowicz, spécialiste de la lobotomie, est là. Il doit faire le diagnostic afin de déterminer si cette opération doit avoir lieu. Celle-ci est risquée, encore au stade expérimental…. Il mène l’enquête…
Les drames écrits par Tennessee Williams, sont riches, complexes et rugueux. Des imaginaires s’y confrontent… avec brutalité. Chaque figure se débat avec ses propres fictions, avec celles des autres, et génère ainsi d’autres fictions encore. Dans Soudain l’été dernier, chaque figure tente de décrire la réalité des faits, de dresser le portrait exact de Sébastien, de sa mort, mais il y a toujours quelque chose qui échappe… qui trahit. Toucher la vérité, raconter la réalité objective des faits est impossible. Toujours la perception, la manière dont on construit le récit, le travail de la mémoire et de l’oubli, trahissent et maquillent. Pas de vérité nue !
De fait, cela donne lieu à des histoires étranges, voir baroques, voir fantasques, à des considérations d’ordres ésotériques, à des états « limites »… Il y a le drame visible. Celui qui se déroule sous nos yeux. Mais un autre drame a lieu. Ailleurs. Un drame caché.
Tennessee Williams écrit des personnages qui s’inscrivent dans des formes de marginalités : homosexualité, alcoolisme, démence… En faisant cela, il ne s’agit à aucun moment de gloser autour de la question des marges, mais plutôt d’utiliser celles-ci pour décrire ce qui est profondément ancré dans l’être. Par ces destins singuliers, Tennessee Williams révèle des aspirations communes. Il met en évidence un sentiment. Un sentiment qui interroge ce qui fait que nous nous tenons debout… qui fait que nous persévérons dans nos êtres.

 

 

Coproduction: Le Festival des Nuits de Joux (Pontarlier) et La Chambre Noire – Théâtre (Lyon)

JOSEPH – 2014

D’après les journaux et écrits de Joseph Goebbels
Texte de Thomas Lihn
Avec Pierre-François Doireau
Costumes de Sigolène Petey
Mise en scène de Raphaël Patout
Festival de Caves 2014

Un jeune homme de notre temps parcourt les écrits de Joseph Goebbels. Il les lit et s’enregistre. Il réécoute et se laisse séduire…. Il imagine la vie et l’ascension de celui qui sera ministre de la propagande. Il revit ses joies, ses peines, ses obsessions. Comment et sur quelles bases se forge la vie, l’esprit et les affects d’un homme qui sera un complice actif de l’ignominie ?

 

 

DETRUIRE LE MYTHE
Hitler, Himmler, Goering, Goebbels… des noms irrévocablement associés à la barbarie, à l’inhumanité la plus profonde. Ils prennent valeur de mythes dans l’histoire du vingtième siècle. Des mythes obscurs, il va sans dire.
J’ai étudié l’histoire de ces personnages au cours de mes études, je les ai vus dans des documentaires à la télévision, j’ai lu des témoignages relatant les faits de leur politique désastreuse. Cependant, ils demeurent pour moi des images lointaines…
Peut-être l’horreur extrême de leurs actes reste-t-elle difficilement concevable? Tout ceci semble tellement inimaginable…
En lisant les journaux personnels tenus par Goebbels, ministre de l’éducation et de la propagande, quelque chose s’incarne qui détruit le mythe. Il y est décrit le quotidien du troisième Reich, comment tout ceci a été possible, comment des individus bien réels, avec leur vie, leur famille, leurs émotions, ont organisé un système totalitaire.
En mettant en scène Goebbels, sa mélancolie, ses joies, son désir de trouver un guide, de devenir fanatique, il ne s’agit à aucun moment d’excuser l’inexcusable, mais plutôt de revisiter le questionnement qu’impose cette part de l’Histoire. Les ravages du nazisme ont été perpétrés par des hommes bien vivants et non par des personnages mythologiques.
Au-delà de l’histoire personnelle de ces individus, c’est bien l’histoire de l’Europe qui est mise en perspective. Le National-Socialisme n’est pas né de manière spontanée. Il est le résultat d’influences idéologiques et économiques mais aussi esthétiques. Ceci permet non seulement de comprendre les aspects contingents mais aussi de considérer par quel imaginaire cela a été possible.
Raphaël Patout – Metteur en scène

 

Coproduction : La Chambre Noire-Théâtre (Lyon) et Le Festival de Caves (Besançon)

Critique de JOSEPH – Philippe Du Vignal

Lien: http://theatredublog.unblog.fr/2014/06/03/jours-verts-green-days-a-montbeliard-et-festival-des-caves-a-besancon/

Joseph G. , daprès Les Journaux de Guerre de Joseph Goebbels, texte de Thomas Lihn, mise en scène de Raphaël Patout.

C’est une curieuse et intéressante mise en scène d’extraits de ce Journal de plusieurs milliers de pages, méticuleusement consigné par une certain Joseph Goebbels, ministre du troisième Reich à l’Education du peuple et à la propagande, de 1923 à sa mort en 45. Confident d’Hitler, et proche de Göring et d’Himmler, ce fut un expert en manipulation et propagande mais aussi un antisémite et un antichrétien convaincu. Dans la dernière partie  de ce journal, il a consigné méticuleusement, sans état d’âme et en bon fonctionnaire nazi,  massacres, déportations, mais aussi rivalités entre chefs  du parti national socialiste. Responsable de la trop fameuse nuit de cristal, il devint peu de temps chancelier après le suicide d’Hitler, et se tua avec sa femme Magda en 45, après avoir fait  empoisonner ses six enfants…

« En lisant,  ses journaux personnels, dit Raphaël Patout,  quelque chose s’incarne qui détruit le mythe. Il y est dit comment tout ceci a été possible, comment des individus bien réels, ont organisé un système totalitaire qui a exterminé des millions d’êtres humains. Quand je mets en scène Goebbels, sa mélancolie, ses joies, son désir de trouver un guide, de devenir fanatique, il ne s’agit à aucun moment d’excuser l’inexcusable, mais plutôt de revisiter le questionnement qu’impose cette part de l’Histoire au cœur même de l’humain. Les ravages du nazisme ont été perpétrés par des hommes bien vivants et non par des personnages mythologiques ».

Goebbels au quotidien,  ce sont des phrases terribles chez cet homme affligé d’un malformation du pied à la suite d’une opération ratée, et qui a sans doute des revanches à prendre: « La libre opinion, ici, si tu la partages avec moi, tu as le droit de l’exprimer, sinon je te fracasse le crâne ».  » La propagande moderne doit reposer sur l’oral et non sur l’écrit » ou « Le fanatique que je veux être ». Avec un culte du corps bien nazi: « Va te promener seul et loin ». « Dors de 22 h à 8h »…

Goebbels a une passion pour son pays assez stéréotypée: la maison de Schiller, les champs de céréales dorées, etc… Et il tient des propos d’une rare banalité que n’importe quel homme politique actuel pourrait prendre à son compte, mais, ce qui est évidemment des plus inquiétants, il écrit des phrases au délire métaphysique:  « Le national-socialisme est une religion, nous ne manquons que d’un génie religieux capable de démoder les vieilles pratiques religieuses et d’en instaurer de nouvelles. Nous avons besoin de traditions ». Ce qu’il découvrira dans un Hitler, au début jalousé puis profondément admiré (« Quelle voix, quels gestes! « ),  lequel le flattera et en fera son bras armé le plus précieux.

C’est tout cela que Raphaël Patout a voulu traduire,  avec un seul acteur, Pierre-François Doreau qui n’incarne pas Goebbels (il ne lui ressemble pas, n’est pas en uniforme nazi) mais est d’une sobriété orale et gestuelle exemplaire. Et, dans cette cave voûtée, le public est assis en cercle; aucun autre élément scénique que trois miroirs en pied, et un abat-jour en tôle qui dispense une lumière blafarde. Pas de régisseur, c’est le comédien qui est aux commandes de la bande-son.

Le metteur en scène réussit à faire entendre, à la fois en direct, et pour varier les plaisirs, en voix off, cette parole d’un homme qui fut aussi un individu comme tout le monde, un père de famille qui se voulait exemplaire et volontiers donneur de leçons, mais qui accumulait les conquêtes amoureuses, ce que sa femme, et encore moins Hitler n’appréciait pas du tout…

Raphaël Patout aurait pu sans doute faire moins bouger son comédien, (cela parasite un peu le texte) mais l’essentiel est là: le spectacle, et ce n’est pas un luxe par les temps qui courent, rappelle qu’un homme aux côtés d’Hitler, fut responsable d’un des pires génocides que le monde ait connu. Et, à la fin, on a beau le savoir mais, quand Goebbels, sur fond de chant nazi, voue aux flammes les meilleurs des écrivains et penseurs allemands dont Thomas Mann, Sigmund Freud, Eric-Maria Remarque,etc… cela fait plus que froid dans le dos…

 

Philippe Du Vignal

SERMONS JOYEUX – Festival d’Avignon 2014

Texte de Jean-Pierre Siméon
Par Charlotte Adrien
Mise en scène de Raphaël Patout
assisté d’Anne-Laure Sanchez

LABILE, GOURMAND ET AMOUREUX
6 textes. 6 sermons (joyeux), qui abordent divers aspects de nos sociétés : la langue, le cynisme, l’image, la peur, le jeunisme, l’aseptisation généralisée.
Des thèmes universels qui résonnent dans nos parts les plus intimes :
Notre capacité à créer, à inventer chaque jour, notre espoir insolent face au cynisme, notre peur de l’inconnu, du non-connu, notre difficulté à vieillir, notre désir de croquer la vie à pleines dents par opposition à l’hygiénisme ambiant…
Une figure labile et gourmande porte ces 6 textes, s’amuse avec la langue,
s’amuse de la langue, swingue entre les mots pour réfléchir sur le Monde,
et l’Humain.
Une figure libre et amoureuse…
….et joyeuse !
Charlotte Adrien

 

Critiques de SERMONS JOYEUX

L’Humanite le 22 juillet 2014
L'humanité SERMONS JOYEUX - 22 Juillet 2014
La Marseillaise le 18 juillet 2014

La Marseillaise - SERMONS JOYEUX - 18 Juillet 2014

laprovence.com le 13 juillet 2014
http://www.laprovence.com/article/loisirs/2960291/sermons-joyeux.html

Ou comment sublimer la poésie pour tous? La comédienne nous interpelle et nous fait réagir grâce à la puissance du texte de Jean-Pierre Siméon et à la complicité entre elle, Charlotte Adrien, qui réalise une performance scénique époustouflante, et Raphaël Patout, avec lequel elle collabore pour la mise en scène qui se veut vive et audacieuse.

Quelques objets simples, un piano, une régie de scène, une voile de bateau comme cabine de change et évocation du voyage, un banc imposant à la fois piédestal et accessoire, un spot, un jeu de lumière, et l’alchimie parvient à nous émouvoir, voyant soudain cette jeune fille s’agiter entre musique, carte et coulisse, se peinturlurer le visage comme pour s’enduire du texte qu’elle possède et qu’elle donne avec générosité.

De multiples sujets sont abordés, six au total piochés dans l’oeuvre : de la jeunesse, la belle jeunesse, à l’inconnu. Et cela parle à tout le monde, puisque la volonté du duo est véritablement d’avoir une portée universelle et intergénérationnelle. La recherche s’est faite dans cet axe précis, et le résultat est plus qu’admirable.

Pierrick LECOMTE

VAUCLUSE Matin le 12 juillet 2014
VAUCLUSE MATIN - SERMONS JOYEUX - 12 Juillet 2014

 

Festi.TV AVIGNON Off le 6 juillet 2014
AVIGNON - FestiTV du Off - 6 Juillet 2014
La Terrasse
La Terrasse Sermons Joyeux

LA GUERISON INFINIE – 2013

Adaptation de l’ouvrage éponyme rassemblant le dossier médical d’Aby Warburg et de ses écrits sur l’Art
Texte et mise en scène de Raphaël Patout
Assisté de Anne-Laure Sanchez
Avec Pearl Manifold
Costumes de Sigolène Petey
Conseiller dramaturgique Bernard Bouteille

Frieda Hecht, infirmière, est hantée par la vie d’un homme. Elle est traversée par ses paroles. Elle refait comme lors d’un rituel les gestes qui ont caractérisé sa vie.
Elle retrace un chemin.
Le chemin d’Aby Warburg, historien de l’art allemand, qui a été interné à la clinique psychiatrique Bellevue le 15 avril 1921.
En 1918, suite à la première guerre mondiale et à son ignominie, Aby Warburg, historien de l’Art, est victime d’une crise de psychose aigüe: il croit être responsable de la défaite de l’Allemagne et menace les membres de sa famille avec un revolver. Condamné par le diagnostique de différents psychiatres, il est interné en 1921 à la clinique Bellevue. Tout le corps médical est formel, jamais il ne recouvrira la santé.
Cependant, Aby Warburg a le sentiment que c’est son travail scientifique qui lui permettra de s’en sortir. Ainsi, il poursuivra ses recherches tout en bénéficiant en parallèle des soins administrés par le psychiatre Ludwig Binswanger. A partir de l’ensemble de la documentation qu’il a accumulé durant des années, il commencera à composer les planches de l’atlas Mnémosyne qui sera l’un des ouvrages majeurs (car révolutionnaire) de l’histoire de l’art.
En effet, celui-ci cherche à décrire ce que son auteur appelle les formules du pathos. Il est composé de planches qui rassemblent des reproductions de tableaux, d’objets ou encore d’ornements issus d’époques et de civilisation différentes. Aby Warburg veut avoir une analyse transversale de l’histoire. Il rompt avec la méthodologie traditionnelle de sa science.
En 1924, après avoir prononcé la célèbre conférence sur Le rituel du serpent devant les patients, il sera autorisé à quitter la clinique Bellevue.
Le spectacle sera constitué à partir d’extraits du dossier médical d’Aby Warburg qui est composé de son journal d’internement et de la correspondance que celui-ci a entretenu avec sa famille, ses amis et ses psychiatres.
Raphaël Patout

« Ces textes offrent un témoignage poignant. […] Leur portée dépasse l’histoire, car ils permettent de poser une question fondamentale: Qu’est-ce que guérir? »

Davide Stimilli

Coproduction : La Chambre Noire-Théâtre (Lyon) et Le Festival de Caves (Besançon)